Remises à zéro de la tête et du corps.
J’ai fait des remises à zéro de la tête et du corps.
En août, je suis parti deux semaines, en France et en Allemagne. Je suis d’abord allé en Allemagne, où j’ai retrouvé mon fils, qui étudie à l’université de Leipzig.
Ce court séjour a vraiment remis mes idées en place. Je me suis dit : ah, l’Europe, c’est sympa en fait ! Cela faisait vraiment longtemps… Leipzig, ville agréable, où les gens semblent heureux. Voir tous ces gens, le matin, traverser la ville à vélo, très décontractés, chacun à son rythme… Des femmes presque à moitié nues sur leur vélo. Magnifique.
Ce qui m’a le plus marqué pendant ce séjour, c’était bien entendu de revoir mon fils. Qui est vraiment un adulte.
Il est d’ailleurs plus adulte que moi.
Moi, je suis encore un bébé. Un gros bébé.
Oui, un moment d’émotion très forte : voir mon fils devenu adulte. Je me suis dit : Il n’a plus besoin de moi… je ne sers plus à rien? Puis-je trouver une nouvelle façon d’être utile?
Un autre grand moment d’émotion a été ma visite à l’église Saint‑Thomas, où Jean‑Sébastien Bach a travaillé si longtemps, et où il repose. Il ne se passe pas une semaine sans que je n’écoute sa musique, en particulier sa musique d’orgue. Ce sont des morceaux que j’adore, et dont je ne me lasse pas.
Tous les jours, je suis allé dans cette église. Je me suis assis sur un banc. J’ai regardé, j’ai écouté.
Un jour en particulier, il y avait un étudiant qui jouait à l’orgue. Ecouter cet étudiant, qui reprenait des passages, s’arrêtait… C’était si frais, si spontané. Cela m’a vraiment touché.
En buvant de bonnes bières en Allemagne, je me suis dit : OK, en fait, c’est vrai, l’Allemagne, c’est viable, c’est vivable. Ça m’a fait un reset dans ma tête. Je me suis même dit : je pourrais très bien arrêter tout ce que je fais, et ne faire que deux choses : boire de la bière et écouter de la musique.
Cette pensée m’a un peu perturbé. Peut-être que je me mets trop la pression, avec mes projets.
Il faut aussi veiller à ne pas se laisser engloutir dans la routine …
En Allemagne j’ai fait aussi un flash back …
Il y a vingt‑six ans, en 2000, j’ai vécu une année en Allemagne. Je travaillais pour une société américaine dans les télécoms. J’avais travaillé pour cette même société au Japon, et à un moment je m’étais dit : je n’en peux plus à Tokyo, je vais rentrer en Europe. J’avais alors eu l’opportunité de travailler pour la filiale allemande, à Francfort — Francfort qui n’est pas, je dirais, la ville la plus attrayante…
Mais je n’ai pas vraiment cherché à profiter de ce séjour en Allemagne. C’est très étrange. Plutôt que de réétudier l’allemand, aller voir des concerts de musique, plutôt que m’acheter un vélo, j’ai passé tout mon temps libre à jouer à des jeux vidéo.
Peut‑être voulais‑je simplement retourner au Japon, que je venais juste de quitter !
Après avec mon fils, nous sommes allés passer quelques jours en France, et retrouver la famille.
Cela faisait plusieurs années que nous ne nous étions pas tous retrouvés et c’étaient la aussi des moments pleins d’émotions.
Mais aussi c’est là que s’est développé un énorme rhume, que j’avais attrapé dans l’avion. Avec une journée de grosse fièvre, ça a été une véritable remise à zéro de mon corps…
Ensuite, retour au village au Japon, avec mon fils. Il a passé deux semaines avec nous.
Il m’a vraiment fallu du temps — deux, trois semaines? — pour me réhabituer au Japon et récupérer de cette énorme ruhme.
Retrouver mon élément. Me réhabituer à mon aquarium…
Ces remises à zéro étaient certainement nécessaires!




























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